Quels sont les différents types de plastiques à recycler ? Focus sur les alternatives compostables certifiées
Nos sociétés génèrent des millions de tonnes de déchets plastiques chaque année. Pour limiter leur impact sur l'environnement, le recyclage est une nécessité. Comprendre les différents types de plastiques, leur codification et leurs applications facilite le tri et augmente les chances qu'ils soient transformés en nouvelles ressources plutôt qu'abandonnés dans la nature.
Les familles de plastiques recyclables et leurs caractéristiques
On distingue sept grandes familles de plastiques selon la Société de l'Industrie Plastique. Parmi ces matières, trois se recyclent principalement : le PET (polyéthylène téréphtalate), le PEHD (polyéthylène haute densité) et le PP (polypropylène). Le recyclage de ces matières présente des avantages considérables pour l'environnement – chaque tonne de plastique recyclé fait économiser 830 litres de pétrole et, dans le cas du PET, évite l'émission de 2 tonnes équivalent CO2.
Comment identifier les plastiques selon leur code de recyclage
Les plastiques comportent un symbole triangulaire avec un chiffre à l'intérieur qui indique leur nature. Le chiffre 1 correspond au PET, utilisé pour les bouteilles d'eau et de soda. Le PEHD porte le numéro 2 et se trouve dans les flacons de shampoing ou les bouteilles de lait. Le PVC est identifié par le chiffre 3, le PEBD (polyéthylène basse densité) par le 4, le PP par le 5, le PS (polystyrène) par le 6. La catégorie 7 regroupe tous les autres types de plastiques. Cette codification standardisée aide au tri des déchets plastiques avant leur transformation.
Les applications courantes des plastiques recyclables dans notre quotidien
Les plastiques recyclables font partie intégrante de notre vie quotidienne. Le PET se retrouve dans les bouteilles de boisson, les barquettes alimentaires et les fibres textiles. Le PEHD constitue les bidons de lessive, les pots de yaourt et certains jouets. Le PP sert à fabriquer des boîtes alimentaires, des pièces automobiles et du mobilier de jardin. Le PEBD compose les films plastiques et les sacs. Quant au PS, on le trouve dans les gobelets jetables et les emballages protecteurs. Reconnaître ces matières dans nos objets du quotidien représente la première étape vers un meilleur tri.
Le parcours du plastique recyclé: de la poubelle à la nouvelle vie
Le recyclage des plastiques représente un défi majeur dans notre gestion des déchets. Avec une production mondiale grandissante, il devient nécessaire de comprendre comment ces matériaux peuvent être transformés après usage. En France, le taux de recyclage des déchets plastiques atteint seulement 26%, alors que l'objectif national vise 100% de plastique recyclé d'ici 2025. Cette transformation, du déchet à la ressource, suit un parcours précis selon la nature des résines plastiques utilisées.
Les étapes de traitement selon les différents types de résines
Le processus de recyclage varie selon les 7 grandes familles de plastiques identifiées par la Société de l'Industrie Plastique. Parmi elles, trois sont principalement recyclables: le PET (polyéthylène téréphtalate), le PEHD (polyéthylène haute densité) et le PP (polypropylène). Le cycle commence par la collecte des déchets, suivie d'un tri minutieux qui regroupe les plastiques par catégorie. Cette étape est fondamentale car chaque type de résine possède des propriétés physico-chimiques distinctes nécessitant un traitement adapté. Après ce tri, les matériaux sont nettoyés pour éliminer toute impureté, puis broyés en paillettes ou granulés. Cette transformation réduit leur volume et facilite leur utilisation ultérieure dans la fabrication de nouveaux produits. Le recyclage d'une tonne de plastique permet d'économiser environ 830 litres de pétrole, tandis que le recyclage d'une tonne de bouteilles en PET évite l'émission de 2 tonnes équivalent CO2.
Les produits fabriqués à partir de matières plastiques recyclées
Une fois transformés, les plastiques recyclés connaissent une seconde vie sous diverses formes. Le PET recyclé se retrouve dans la fabrication de nouvelles bouteilles, de fibres textiles pour l'habillement ou le rembourrage, ou encore dans des emballages non alimentaires. Le PEHD recyclé est utilisé pour produire des tubes, des conteneurs, du mobilier urbain ou des jouets. Quant au PP recyclé, il sert à fabriquer des pièces automobiles, des contenants, ou des articles ménagers. À côté de ces plastiques traditionnels recyclés, le marché des bioplastiques se développe, bien qu'il ne représente actuellement que 1% du marché total des plastiques. Ces alternatives comprennent les plastiques biosourcés (fabriqués à partir de biomasse comme le maïs ou le blé) et les plastiques biodégradables ou compostables. Il faut noter que les plastiques biosourcés ne résolvent pas automatiquement les problèmes de toxicité ou de gestion des déchets, et que les plastiques biodégradables nécessitent généralement des conditions spécifiques pour se dégrader correctement, comme celles d'un compostage industriel. Des labels comme OK Compost, OK Biosourcé ou OK Biodégradable guident les consommateurs dans leurs choix, tandis que les plastiques oxo-dégradables sont désormais interdits en Europe depuis 2021 en raison de leur impact environnemental problématique.
Les plastiques compostables certifiés: une alternative écologique
Face à la multiplication des déchets plastiques et leurs impacts sur l'environnement, le développement de solutions plus respectueuses de notre planète devient une priorité. Parmi les innovations notables, les plastiques compostables certifiés représentent une piste intéressante dans la transition vers une gestion plus responsable des matériaux. Contrairement aux plastiques conventionnels issus du pétrole qui persistent des centaines d'années dans la nature, ces alternatives visent à s'intégrer dans un modèle d'économie circulaire où les déchets deviennent ressources.
La distinction entre plastiques biodégradables et compostables
Une confusion règne souvent entre les termes « biodégradable » et « compostable », pourtant ces notions recouvrent des réalités très différentes. Un plastique biodégradable est conçu pour se décomposer sous l'action de micro-organismes, mais sans garantie sur les conditions ou la durée nécessaire à cette dégradation. Cette caractéristique peut provenir aussi bien d'une matière biosourcée (issue de biomasse végétale comme le maïs ou le blé) que d'origine fossile (dérivée du pétrole).
Les plastiques compostables, quant à eux, répondent à des exigences plus strictes : ils doivent se dégrader dans des délais spécifiques et dans des conditions précises de compostage. Il faut noter que la majorité de ces plastiques nécessitent des installations de compostage industriel avec des températures élevées et non un simple compost de jardin. Un plastique compostable abandonné dans la nature ne se dégradera pas correctement, contrairement aux idées reçues. La directive européenne sur les plastiques à usage unique de 2019 a justement renforcé cette distinction pour éviter les allégations trompeuses, allant jusqu'à interdire certains plastiques comme les oxo-dégradables, particulièrement nocifs pour l'environnement.
Les normes et certifications garantissant la compostabilité
Pour guider consommateurs et professionnels, différents labels ont été créés afin de certifier les qualités réelles des plastiques alternatifs. Le label « OKCompost » figure parmi les plus reconnus en Europe et garantit qu'un matériau se décomposera complètement dans une installation de compostage industriel selon des normes précises. D'autres certifications comme « OKBiosourcé » ou « OKBiodégradable » apportent des informations complémentaires sur l'origine ou les propriétés de dégradation des matériaux.
Ces certifications s'appuient sur des normes techniques rigoureuses qui évaluent plusieurs paramètres : la vitesse de désintégration, l'absence de résidus visibles après un temps défini, la qualité du compost final et l'absence de toxicité pour les organismes du sol. Le PLA (acide polylactique) fait partie des plastiques biosourcés qui peuvent obtenir la certification compostable sous certaines conditions. Il est fabriqué à partir d'amidon de maïs ou d'autres sources végétales. Malgré ces avancées, il convient de rappeler que le marché des bioplastiques ne représente actuellement que 1% du marché global des plastiques, et que les surfaces cultivables utilisées pour leur production restent marginales (environ 0,02%). Une transition vers une utilisation plus large de ces matériaux s'inscrit dans la stratégie européenne pour l'économie circulaire, avec l'objectif ambitieux d'atteindre 100% de plastique recyclé en France d'ici 2025.